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Doté d’un financement national de 130 millions d’euros, le programme CEE E-Trans vise à donner un coup d’accélérateur aux poids lourds, bus et cars électriques. Les entreprises éligibles ont été retenues : 2 531 véhicules peuvent bénéficier d’une aide à l’acquisition dont 88 en Grand Est.
Financé par les certificats d’économie d’énergie (CEE), le programme E-Trans vise à soutenir les acteurs du transport routier dans la décarbonation de leur flotte en favorisant le développement des véhicules lourds électriques. Multiplier par deux le nombre de nouvelles immatriculations de poids lourds électriques en 2025 par rapport à l’année passée : tel est l’objectif annoncé par le gouvernement, qui a dévoilé le 27 janvier 2025 qu’un total de 674 projets au niveau national sont éligibles à bénéficier du soutien de ce programme.
Le programme E-Trans comprend deux volets. Le premier est un appel à projets qui a abouti à retenir 537 projets d’acquisition : les 110 millions d’euros d’aides attribués vont permettre aux entreprises et collectivités concernées de financer 2 280 véhicules électriques : 923 camions porteurs, 988 tracteurs, 228 autocars et 141 autobus. Le second volet prend la forme d’un guichet réservé aux PME, avec un total de 19 millions d’euros d’aides pour financer l’acquisition ou la location de 251 poids lourds, soit 88 camions porteurs et 163 tracteurs.
Près de 3,8 M€ accordés aux entreprises du Grand Est
À l’échelle du Grand Est, 26 dossiers ont été retenus pour la partie appel à projets, permettant de financer 71 véhicules : 30 poids lourds porteurs, 25 tracteurs ainsi que 16 autocars. Le montant total d’aide attribué s’élève à près de 3 millions d’euros pour un investissement total de 16,6 millions d’euros de la part d’entreprises de la région dans l’achat ou la location de véhicules lourds électriques. Cela représente, pour un poids lourds porteur ou tracteur, une aide moyenne de près de 48 000 €, soit un peu plus de 20 % du coût d’acquisition qui s’établit à environ 220 000 € par véhicule. On peut observer une certaine diversité dans le profil des entreprises retenues : transporteurs de marchandises, spécialisés ou non, y compris sous température dirigée ainsi qu’en compte propre, acteurs du BTP et autocaristes.
Pour la partie guichet dédiée aux PME, le nombre de véhicules est plus modeste : 11 poids lourds sont concernés en Grand Est. Aux 9 entreprises lauréates situées dans la région ont été attribués 850 000 € d’aides. L’investissement total pour l’acquisition de 4 camions porteurs et 7 tracteurs atteint 3,3 millions d’euros.
Avec un total de 82 véhicules retenus à l’un ou l’autre volet de E-Trans, le Grand Est se classe en 8e position des régions françaises, devant la Bourgogne-Franche-Comté mais loin derrière l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France qui constituent le trio de tête.
De nouvelles fiches d’opérations standardisées facilitant l’obtention de financements via les CEE
Pour les entreprises qui n’ont pas candidaté ou n’ont pas été retenues dans le cadre des dispositifs E-Trans, elles devraient néanmoins pouvoir bénéficier des financements des CEE mais dans un autre cadre : celui des opérations standardisées. En effet, un arrêté du 30 décembre 2024 crée plusieurs fiches d’opérations standardisées dont les fiches TRA-EQ-129 et TRA-EQ-128 qui permettent de valoriser, sous forme de CEE, l’achat, la location ou le retrofit, respectivement, de poids lourds et d’autocars ou autobus électriques.
Concrètement, les entreprises souhaitant en bénéficier doivent se rapprocher d’un « obligé CEE », c’est-à-dire typiquement un fournisseur d’énergie tenu par la loi de réaliser ou de financer des actions d’économies d’énergie afin de remplir ses objectifs réglementaires. C’est ainsi qu’elles pourront convertir les montants forfaitaires d’économies d’énergie, fixés dans les fiches sous forme de « kWh cumac », en euros versés par l’obligé CEE ou un intermédiaire.
Cette nouvelle possibilité de financement au travers des CEE est d’autant plus intéressante que le gouvernement a mis en place une bonification permettant de démultiplier d’un facteur 3 à 5 les volumes de CEE et donc de financements pouvant être obtenus. Par exemple, pour l’acquisition d’un tracteur routier, les 1 918 500 kWh cumac attribués par la fiche d’opération standardisées se voient multipliés par 4, ce qui peut permettre d’obtenir une aide de 50 000 à 60 000 € par poids lourd. Cette bonification n’est cependant pas pérenne et pourrait être diminuée voire supprimée à court ou moyen terme.
À l’heure actuelle, ce facteur démultiplicateur rend le levier des opérations standardisées très intéressant financièrement, si bien que certaines entreprises lauréates de l’appel à projets E-Trans pourraient y renoncer afin d’obtenir via celui-ci des aides plus élevées que celles qui leur ont été accordées. Les deux dispositifs ne peuvent, en effet, pas être cumulés : cela reviendrait à doublement compter les mêmes économies d’énergie apportées par l’acquisition d’un véhicule électrique.